Pourquoi les autistes sont victimes de brimades ?

Un autiste brimé

Le harcèlement peut toucher tout le monde à tout moment, mais les jeunes autistes sont particulièrement vulnérables. Les résultats peuvent être dévastateurs. Le fait de ne pas pouvoir suivre le rythme des taquineries qui ont souvent lieu au sein des groupes de jeunes peut rendre le monde social très intimidant pour les enfants autistes. Le fait d’être en désaccord avec leur groupe de pairs peut conduire à l’isolement social, au rejet et à l’absence des amitiés de soutien qui peuvent les protéger contre les brimades.

L’autisme (y compris le syndrome d’Asperger) est un trouble du développement que la National Autistic Society décrit comme affectant “la façon dont une personne communique et entretient des relations avec les autres et le monde qui l’entoure”. Il se situe sur un spectre, ce qui signifie que, bien qu’il existe des domaines de difficulté communs, les personnes atteintes d’autisme sont touchées de manière très différente, avec des degrés de gravité très variables.

En conséquence, alors qu’environ 30 % des jeunes atteints d’autisme fréquentent des écoles spécialisées, environ 70 % d’entre eux se trouvent dans des établissements ordinaires, selon le gouvernement.

Il est inquiétant de constater qu’un nombre croissant de recherches indiquent que les jeunes autistes sont beaucoup plus vulnérables au harcèlement que leurs pairs.

Intimidés parce qu’ils sont différents
La nature de l’autisme fait que négocier le monde social complexe peut être une expérience difficile et intimidante. Il s’agit d’une “condition cachée”, et les autres enfants peuvent donc avoir du mal à comprendre pourquoi un élève autiste se comporte différemment. Les résultats de ma récente recherche – à laquelle ont participé plus de 100 parents et 700 enseignants d’enfants atteints de troubles du spectre autistique – indiquent que les problèmes de comportement sont un facteur prédictif important de l’intimidation.

Les crises peuvent être considérées comme effrayantes ou perturbatrices par les pairs, même si elles résultent de niveaux de stress et d’anxiété insupportables. Il est également difficile pour les autres enfants de comprendre certaines différences communes, comme le fait d’avoir des intérêts particulièrement forts ou une sensibilité au bruit. Les blagues et les sarcasmes peuvent également poser problème, l’enfant autiste prenant souvent le sens littéral de ce qui est dit.

Par exemple, un enseignant peut dire à un élève de “remonter ses chaussettes” lorsqu’il est censé l’encourager à faire plus d’efforts. Cela peut entraîner une certaine confusion et (ce qui est perçu comme) une réponse inappropriée ou effrontée de la part d’un enfant autiste qui a pris le commentaire au pied de la lettre.

Avec l’arrivée de l’adolescence, les groupes sociaux et les conventions deviennent plus importants et plus complexes, ce qui présente des défis supplémentaires. Si l’on pense généralement que le harcèlement diminue avec l’âge, mes recherches suggèrent que ce n’est peut-être pas le cas pour les jeunes autistes. Nous devrions être plus, et non moins, préoccupés par le fait que ce groupe de jeunes vieillit.

En effet, il y a eu un certain nombre de cas tragiques où un jeune autiste s’est suicidé, souvent après des années d’intimidation et d’isolement par rapport à ses pairs. Si le suicide est heureusement rare, les effets à court et à long terme de l’intimidation ont été bien documentés. Ces conséquences négatives comprennent une faible estime de soi, des difficultés à l’école et des problèmes de santé mentale, qui peuvent tous persister longtemps après la fin des brimades.

Que peuvent faire les parents et les écoles ?
Tout cela brosse un tableau sombre. Mais il est important de se rappeler que tous les jeunes autistes ne sont pas victimes de brimades, et qu’il existe des stratégies pour les prévenir. Le harcèlement est un problème compliqué qui dépend du contexte et il est important de ne pas aborder un aspect isolément, mais de développer des stratégies d’adaptation, comme les histoires sociales.

Néanmoins, nous devons nous concentrer non seulement sur les victimes, mais aussi sur les intimidateurs et les spectateurs. Il est prouvé que le fait d’apprendre aux élèves ce qu’ils doivent faire s’ils sont témoins de brimades peut contribuer à protéger les victimes, car les enfants peuvent apprendre à intervenir, à faire pression sur les brutes ou à demander l’aide d’un adulte.

Les enseignants bien informés sur l’autisme peuvent contribuer à promouvoir la tolérance et à encourager la différence et l’individualité. Il est également important de trouver un équilibre entre le soutien et l’indépendance à l’école.

Un soutien trop important de la part des adultes peut empêcher les élèves autistes d’avoir des contacts appropriés avec leurs camarades. Mais un soutien insuffisant peut entraîner une vulnérabilité accrue aux brimades, par exemple dans le bus scolaire ou à la pause et à l’heure du déjeuner. Un contact et une collaboration étroits entre le foyer et l’école peuvent également contribuer à établir des relations positives. Les parents, qui peuvent être les premiers à déceler les signes avant-coureurs de l’intimidation de leur enfant, y attachent une grande importance.

La lutte contre les brimades ne peut se faire en vase clos, et il est clair que de multiples stratégies sont nécessaires. Si l’on y parvient – comme c’est le cas dans de nombreuses écoles proactives qui ont une forte éthique de lutte contre les brimades – on pourra alors prévenir les brimades de ce groupe de jeunes potentiellement vulnérables.

Cet article est une traduction par nos soins de l’excellent papier de The Conversation, vous pouvez lire l’original ici : https://theconversation.com/why-children-with-autism-often-fall-victim-to-bullies-27087

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